Quatre pirates ardennais veulent réveiller les soignants

Quatre pirates ardennais veulent réveiller les soignants



Les soignants doivent se réveiller. Non pas qu’ils dorment car épuisés par une année de Covid. Quatre Ardennais, un psychologue, une infirmière, un ergothérapeute et un ex-directeur de structure de service de soins infirmiers à domicile veulent les réveiller parce qu’ils travaillent dans un système qui a fait disparaître leurs patients. « Les patients sont devenus des lignes de tableau Excel, des chiffres ou encore des objectifs mais ils ne sont plus des humains. Réveillez-vous ! » leur crient les quatre Ardennais. Le psychologue s’appelle Bruno Henry, l’infirmière Cécile Ricard, l’ergothérapeute Damien Tribout et l’ex-directeur Claude Neuvens. Ils viennent de publier un livre intitulé : « L’éthique des pirates : soignants et fiers de l’être ! » et sont tous membres de l’Association des responsables et salariés des services de soins infirmiers à domicile (Aressad).

« Le mot éthique est facilement associé à du blabla, une notion pour palabrer. À travers ce livre, nous avons voulu rendre concrète cette notion qui devrait être au cœur du système de soin en France mais qui ne l’est plus . »

Dans leur ouvrage, les quatre professionnels dressent un portrait presque effrayant de notre système de soin. «
 La dépersonnalisation, la déshumanisation de la relation à l’autre induisent que les personnes soignées deviennent des objets inclus dans une politique comptable, permettant de légitimer la négligence et amenant à une augmentation croissante d’erreurs, dégradant par le fait la santé de la personne soignée »
, écrivent-ils. La déshumanisation au service de la rentabilité aurait gagné toutes les structures de soin. « Chacun de nous a fait les frais de cette organisation. C’est pourquoi nous nous sommes émancipés en partant travailler en libéral », souligne Bruno Henry, le psy.

Une population qui augmente de plus de 25 % et un nombre de lits qui baisse de 25 %, voilà la logique française des XXe et XXIe siècles

Pour ceux qui se demandent pourquoi le pays manque autant de lits quand survient un coronavirus hors du commun, ils rappellent quelques chiffres : « Entre 1980 et 2020 la population française est passée de 53 millions à 67 millions. En même temps, le nombre de lits d’hospitalisation en France est passé de 440 000 à 330 000 au motif politico-économique explicite du rendement hospitalier. Bref, une population qui augmente de plus de 25 % et un nombre de lits qui baisse de 25 %, voilà la logique française des XXe et XXIe siècles ! »

Ce n’est pas un ouvrage de revendications. Il n’y a pas de lutte des classes dans ce livre. Il montre que l’aide-soignant, rebaptisé par les auteurs aide-patient, est plus important que le directeur, mais aussi que le directeur est indispensable. « L’aide-soignant est le ciment de nos établissements de soins. S’il devait disparaître, le système s’effondrerait », assure M. Henry.

L’ouvrage n’indique pas comment faire pour renverser l’hôpital des bureaucrates et en (re)faire celui de l’éthique. Il donne des éléments pour réfléchir à la situation. « L’ouvrage a vocation à soutenir l’amélioration de la qualité du système de santé au bénéfice des personnes soignées pour ce qu’elles sont et non pour ce quelles coûtent. »

Vendu 10 euros (15 avec le port), le livre d’une centaine de pages est à commander auprès de Guillaume Neuvens à l’adresse mail webmaster@gun-land.net. Les bénéfices tirés de cet ouvrage seront intégralement versés à l’Aressad.





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