« Personne n’est préparé à cela »… Capitaine du XV de France, Gaëlle Hermet raconte son « métier passion » dans un Ehpad

« Personne n’est préparé à cela »… Capitaine du XV de France, Gaëlle Hermet raconte son « métier passion » dans un Ehpad


Gaëlle Hermet, capitaine du XV de France et ergothérapeute à l’Ehpad de Cadours, en Haute-Garonne. — Coudert / Sportsvision / Sipa
  • Alors que le rugby est en pause pour une durée encore indéterminée, la capitaine du XV de France Gaëlle Hermet a renforcé sa présence dans l’Ehpad de Cadours, en Haute-Garonne, où elle travaille comme ergothérapeute.
  • Son directeur loue les qualités humaines et professionnelles de la jeune joueuse du Stade Toulousain.

Elle fait partie de celles et ceux qui n’ont pu rester confinés. En continuant à sortir, tous les jours, pour aller au travail, ils et elles ont permis à tous de se soigner, de se nourrir, et à l’économie de ne pas s’effondrer. Capitaine du XV de France, Gaëlle Hermet, 23 ans, travaille aussi comme ergothérapeute dans un Ehpad de Cadours, en Haute-Garonne. La joueuse du Stade Toulousain évoque auprès de 20 Minutes cette période de deux mois à part.

Championnat gelé depuis fin mars, calendrier international en suspens… Déconfinement ou pas, Gaëlle Hermet ignore encore quand elle pourra reprendre les compétitions de rugby, avec le Stade Toulousain comme avec le XV de France, dont
elle est la capitaine. En attendant de retrouver le terrain, la troisième ligne de 23 ans s’entretient chez elle, quand elle ne pratique pas « un métier passion, une vocation » : ergothérapeute dans un Ehpad de 60 résidents à Cadours, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de la Ville rose.

« Il s’agit d’aider des gens à retrouver une certaine autonomie dans leur quotidien, que ce soit après un accident ou à cause d’une pathologie, explique-t-elle. J’ai choisi de travailler avec les personnes âgées pour lesquelles j’ai eu un coup de cœur pendant mes études. Elles ont beaucoup de choses à nous apprendre. »

En janvier, Gaëlle Hermet a commencé son CDD dans l’établissement où elle avait déjà effectué un stage de deux mois au printemps dernier, juste avant d’obtenir son diplôme. « Elle est très accessible, très simple, très aidante, souligne Didier Carles, le directeur de la résidence Saint-Jacques, qui possède aussi un site accueillant 165 personnes à Grenade, toujours en Haute-Garonne. Elle fait preuve des valeurs de solidarité de son sport. En revanche, si c’est une guerrière sur le terrain, elle a beaucoup de douceur dans son approche. »

Trois jours par semaine au lieu d’un seul

Initialement, la capitaine des Bleues ne devait intervenir qu’un jour par semaine à l’Ehpad. Ses disponibilités forcées, faute de rugby, et les besoins de l’établissement la conduisent depuis avril à effectuer trois journées hebdomadaires. « Le fait d’être là plus souvent, cela permet de prendre davantage ses repères par rapport aux équipes et aux résidents », constate Gaëlle Hermet.

La Toulousaine s’est retrouvée confrontée dès ses débuts à l’exceptionnel, avec la pandémie de coronavirus et ses conséquences, même si « son » Ehpad n’a pas été directement touché. « Personne n’est préparé à cela. On essaie de faire le maximum pour limiter la détresse, l’anxiété des personnes âgées, pour les épauler au mieux. » « Dans cette période anxiogène, j’ai tenu plusieurs réunions d’information, reprend Didier Carles. Je me suis parfois dit que je devrais lui laisser la parole, car elle ferait mieux que moi ! »

S’il avoue sans peine qu’il ne connaissait pas la carrière sportive de Gaëlle Hermet avant l’an dernier, le directeur s’est rattrapé depuis, en regardant quelques matchs du XV de France féminin à la télé. Après le grand chelem 2018, la Stadiste veut conduire ses Bleues vers les sommets lors de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, prévue (pour l’instant) du 18 septembre au 16 octobre 2021. D’où son choix de mettre en « pause » son métier d’ergothérapeute au terme de son contrat, fin juin.

« On l’aurait bien gardée », avoue Didier Carles. Pour Gaëlle Hermet, ce ne sera qu’un « au revoir » à ce métier, l’un de ceux que de nombreux Français (es) applaudissent tous les soirs. « C’est très bien, mais c’est un peu dommage de ne s’en rendre compte que maintenant, observe-t-elle. Les gens aujourd’hui en première ligne, qu’ils soient soignants, transporteurs ou employés de supermarchés, font ça quotidiennement. Une fois qu’on sera sortis de cette situation, il ne faudra pas les oublier. »



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