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Lille s’arrache, Lyon dévisse


Ce dimanche a commencé joliment avec un derby breton très sympa entre deux équipes, Brest et Rennes, qui pratiquent un football agréable. Le début de match a été assez fantastique avec l’ouverture du score très rapide d’Honorat, qui a marqué en deux temps après un mauvais renvoi de Salin. Trois minutes plus tard, Bourigeaud très bien servi par Terrier égalisait. Le match s’est ensuite équilibré, les Finistériens n’ont pas été en réussite puisque Mounié a touché les montants à deux reprises et les Rouge et Noir ont forcé la décision sur un penalty douteux transformé par Grenier. C’est la deuxième fois en quelques matchs que l’ancien Lyonnais inscrit le but de la victoire. Quand on se souvient de la façon dont il a été traité et qu’on constate qu’il est de nouveau titulaire dans cette équipe, cela en dit long sur sa force de caractère et je suis vraiment content pour lui. 

À 15 heures, une équipe de Saint-Etienne décimée par la Covid a été battue à Strasbourg. Pour ceux qui se demandent pourquoi ce match a eu lieu et pas Lorient-Dijon, il s’agit simplement d’un problème de chiffres : les Merlus dénombraient douze cas de contamination au sein de leur effectif, contre seulement huit à Sainté. La limite pour que le match soit reporté est fixée à dix joueurs… D’un autre côté, quand le Racing a déploré neuf joueurs atteints par la maladie à cinq jours de la reprise, pas grand monde ne s’en est ému…

Pour autant, les Verts n’ont pas à rougir de leur prestation. Cela ressemblait un peu à un match de Coupe, avec une équipe très jeune et très enthousiaste, qui aurait pu ouvrir le score si Boudebouz n’avait pas envoyé son penalty au-dessus du but. À propos de ce penalty, il faut m’expliquer comment on peut siffler pour cette faute de Kawashima sur Moueffek et ne pas siffler pour la même faute de Bernardoni sur Mbappé, samedi à Angers ? Dans les deux cas, l’attaquant a perdu le ballon et dans les deux cas, il y a faute du gardien. Ce n’est pas normal que d’un jour sur l’autre, deux arbitres prennent une décision radicalement opposée pour exactement le même fait de jeu.

Le problème de Nice ? Les joueurs…

Toujours est-il que, quelques minutes après l’échec de Boudebouz, Ajorque a bien dévié un centre de Lala pour inscrire le seul but de la rencontre. La fin de match a été pénible pour des Alsaciens qui n’ont pas fait un bon match mais qui enregistrent leur troisième victoire consécutive. Une victoire qui extirpe les joueurs de Laurey des bas-fonds du classement. Vu le calendrier à venir pour le Racing, on peut penser qu’en février, il sera loin des places menaçantes. 

On ne peut pas en dire autant de Nice, où on attend toujours l’effet Ursea. J’ai déjà eu l’occasion sur ce blog de manier l’ironie en disant que cela allait beaucoup mieux depuis le départ de Vieira. En fait, les prestations consternantes, semaines après semaines, du groupe azuréen, tendent à prouver que ce qui ne va pas dans ce club, ce sont les joueurs. Encore une fois, on n’a vu aucune vitesse, aucune envie, pas de jeu… Pourtant handicapés par l’absence de Ben Arfa, les Girondins ont développé un joli football, mais ils étaient tellement peu contrariés dans leurs intentions que c’est assez normal qu’ils aient marqué trois buts quasiment comme à la parade. D’autant que Benitez, qui était l’un des très bons gardiens de Ligue 1, semble lâcher psychologiquement. L’Argentin n’en peut plus et cela se voit. Il en a marre des passes décisives de ses défenseurs, marre d’être laissé à l’abandon et « sur-sollicité » chaque week-end. Le comportement du Gym est assez inquiétant et je ne vois pas Ursea rester encore très longtemps en poste. C’est bien gentil de changer d’entraîneur mais quand la situation empire, il faut faire des choix. 

À la Beaujoire, les Canaris de Domenech ont concédé – ou obtenu, au choix – face à Lens leur troisième match nul consécutif. Les Nantais ont longtemps mené au score sur un penalty de Louza après que Kakuta a raté le sien trois minutes plus tôt. Mais le petit meneur lensois s’est rattrapé en fin de match en profitant de la mauvaise appréciation de Pallois sur un ballon aérien pour égaliser sur la première frappe cadrée des Sang et Or. Ce sont de petits pas pour le FCN, on sent l’équipe investie mais elle est toujours aussi peu talentueuse.

Pas au bout de nos surprises…

En fin d’après-midi, Lille a beaucoup souffert face à Reims pour rester au contact du PSG. Avec une première mi-temps très médiocre, ponctué par un but de Zeneli ou Maignan est gêné par Abdelhamid. Malheureusement pour les Champenois, la relance osée de Rajkovic et la glissade de Cassama ont permis de relancer le LOSC juste après le repos, Bamba profitant de l’aubaine pour enrouler une jolie frappe dans le petit filet. En fin de rencontre, des Nordistes plus entreprenants ont arraché les trois points grâce à un but de près de David, qui a bien suivi une frappe lointaine de Xeka mal repoussée par Rajkovic. Le Serbe était étincelant l’an passé mais il est en perte de vitesse cette saison. 

Et puis en soirée, je m’attendais à ce que Lyon souffre face à une équipe de Metz que j’ai souvent trouvée remarquable à l’extérieur : elle avait perdu en toute fin de match à Paris, s’était fait rejoindre en toute fin de match à Marseille… On sait que c’est une équipe qui a des aptitudes défensives mais elle affiche aussi de belles qualités dans les sorties de balle et elle a eu de très belles occasions, autant que l’OL pour être honnête avec notamment un poteau et une barre. Ce qui démontre un réel potentiel offensif. Et pourtant, les Messins ont perdu Niane touché aux ligaments et Diallo vendu à Strasbourg…

Mais le facteur X de cette formation lorraine, c’est Boulaya. L’international algérien a un talent fou, à l’image de son râteau sur Caqueret et son décalage pour Leya Iseka sur le but messin. Une action sur laquelle Lopes semble hésiter à sortir – c’est assez rare chez lui – ce qui l’empêche de pouvoir intervenir. Et voilà comment Metz a réussi ce qui n’est même pas un exploit vu la physionomie du match mais une superbe performance. Côté OL, on s’aperçoit que le milieu aligné était sans doute trop uniforme. Entre Caqueret, Mendes et Paqueta, pas un milieu n’a porté le jeu vers l’avant. Paqueta est censé être celui-là mais il ne l’a pas fait tant que ça sur ce match. Quant à Memphis, il est certes à l’origine des meilleures occasions lyonnaises mais il était moins en réussite que la semaine passée à Rennes. Maintenant, il est clair que le but refusé à Toko-Ekambi pour une position de hors-jeu d’Aouar pose problème. À mon sens, la VAR a outrepassé son rôle en prenant la décision d’invalider ce but que Madame Frappart avait accepté. Reste qu’après ce revers, l’OL cède donc sa place de leader au duo parisiano-lillois et pointe à deux points. Avec les retours en force de Monaco et de Rennes, ce championnat est encore loin d’avoir livré sa vérité et on n’est peut-être pas au bout de nos surprises…

Pierrot



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