l'essai clinique européen a débuté au CHU de Lille avec 5 premiers patients

l’essai clinique européen a débuté au CHU de Lille avec 5 premiers patients


Ils sont 5. 5 patients sur la quarantaine admis en réanimation au CHU de Lille à avoir reçu, depuis ce lundi, un traitement contre le coronavirus dans le cadre de l’essai clinique européen baptisé « Discovery » et qui implique 7 pays de l’Union Européenne. Le professeur Julien Poissy, médecin réanimateur répond aux questions de France Bleu Nord.

En quoi consiste cet essai clinique à Lille ?

« C’est un essai clinique piloté par l’Inserm sur la base d’un protocole établi par des experts de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) sur la base duquel on va traiter différents traitements.

Nous n’avons aucune certitude sur le meilleur antiviral dans les infections à coronavirus.

A supposer qu’il faille donner un traitement parce qu’il est tout à fait possible qu’aucun antiviral ne fonctionne. L’idée est de comparer 4 types de traitements : Le Lopinavir, Le Remdesivir, le Kaletra associé à l’Interféron, la chloroquine. Il y a un 5ème bras de traitement qui est l’absence de traitement antiviral. L’objectif est de comparer entre les chacune des molécules et d’essayer de déterminer laquelle est la meilleure avec le moins d’essais secondaires possibles ».

Comment sont choisis les patients traités ?

On attribue les traitements par un tirage au sort, appelé « ramdomisation ».

« C’est une technique qu’on utilise pour tous les essais cliniques quand on cherche à déterminer quel est le meilleur traitement possible pour une maladie donnée comme on doit comparer à un traitement de référence ou une absence de traitement ». 

Combien de patients à Lille sont concernés par cette essai clinique à ce jour ?

« Aujourd’hui, nous avons commencé à inclure 5 patients ».

A quand les premiers résultats ?

« Le calendrier va dépendre de la vitesse à laquelle les inclusions vont se faire, de la vitesse à laquelle évolue l’épidémie donc il y a pas mal d’incertitudes. Ce qui est certain, c’est qu’il y a une évaluation régulière de l’efficacité des traitements et des effets secondaires par un comité de surveillance qui pourra décider d’arrêter ou de continuer les bras de traitements en fonction des résultats avec une surveillance quasiment en temps réel ». 

Comment concilier l’urgence à trouver un traitement et l’exigence de rigueur propre à tout essai clinique ?

« On voit circuler beaucoup de choses sur ces traitements, il faut bien comprendre que les différentes molécules testées sont toutes des molécules, toutes, qui sont connues ayant une action antivirale bien connues notamment sur les coronavirus dans leur ensemble. elles ont donc déjà été évalué en laboratoires et parfois de façon ancienne. La seule manière de répondre de façon urgente çà une émergence infectieuse est de faire un essai clinique au plus vite pour déterminer laquelle des molécules est a meilleure ».

On ne peut pas se permettre dans des situations d’incertitude de commencer à mettre des traitements sans connaître quels sont exactement leur efficacité réelle et leurs effets secondaires. 

Des médecins à Marseille ont décidé de ne pas attendre cet essai clinique, d’administrer unilatéralement de la chloroquine à leurs patients. Vous sentez une forte pression sur vos épaules ?

« Il y a une certaine pression sociétale et une certaine médiatisation qui aboutit à une pression sur nous, prescripteurs. 

Je pense qu’il est tout à fait irréaliste de se mettre à prescrire de façon incontrôlé des médicaments qui n’ont pas fait clairement la preuve de leur efficacité.

Et la meilleure façon d’établir cette preuve, c’est de recourir à un essai clinique réalisé dans la meilleure des façons possibles ».

Comment sont traités aujourd’hui les patients les plus graves, hors essai clinique ?

« Cela dépend, les patients les plus gravement atteints sur le plan respiratoire peuvent nécessiter des médicaments d’anesthésie de façon à ce qu’on puisse aider leurs poumons en les endormant. Au fur et à mesure que leur état va s’améliorer, on va les réveiller avant de les séparer de la machine. Les patients les moins sévèrement atteints peuvent avoir des techniques d’apport en oxygène qui ne nécessitent pas d’être endormis donc on a des patients qui sont conscients ».

Comment traitez-vous la douleur ?

« On a des antalgiques qui font partie des médicaments pour endormir. Les autres traitements sont symptomatiques c’est-à-dire qu’on aide les organes défaillants, le poumon essentiellement, par des machines qui vont oxygéner le sang à la place des poumons et on va traiter les perturbations sur la prise de sang. 

On va mettre des antibiotiques parce que parfois on peut avoir des infections bactériennes qui s’ajoutent à l’infection virale

. Bien évidemment, il y a aussi les médicaments qui permettent de diminuer l’angoisse et d’avoir des soins de confort les plus proches possibles des malades ».



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