Découvrez les "Itinéraires singuliers" d'artistes nordistes à l'Hospice Comtesse de Lille

Découvrez les « Itinéraires singuliers » d’artistes nordistes à l’Hospice Comtesse de Lille


Jusqu’au dimanche 19 janvier 2020, découvrez l’exposition « Itinéraires singuliers » à l’Hospice Comtesse de Lille (Nord). Le commissaire Bruno Gérard nous a fait la visite.

Bruno Gérard a réuni les œuvres d'artistes nordistes aux destins particuliers dans l'exposition "Itinéraires singuliers", présentée à l'Hospice Comtesse de Lille (Nord) jusqu'au 19 janvier 2020.
Bruno Gérard a réuni les œuvres d’artistes nordistes aux destins particuliers dans l’exposition « Itinéraires singuliers », présentée à l’Hospice Comtesse de Lille (Nord) jusqu’au 19 janvier 2020. (©Amandine Vachez/Lille Actu)

Des « Itinéraires singuliers » d’artistes issus du Nord, du Pas-de-Calais et de la Belgique. Voilà ce que Bruno Gérard, administrateur de la Fondation Paul Duhem, nous présente dans une exposition inédite, à l’Hopice Comtesse de Lille (Nord) jusqu’au dimanche 19 janvier 2020. Visite.

« Bouts de vie »

Dans cette exposition, tout tourne autour d’espaces, de territoire, de chemins. Dans une scénographie dans laquelle les œuvres se font écho entre elles est évoqué le cheminement de dizaine d’artistes. Ces artistes ont en commun de s’être, à un moment de leur vie plus ou moins avancé (de 7 à 70 ans), pris de passion pour la création artistique. Bruno Gérard, qui a monté l’exposition, explique :

Ce qui rapproche ces artistes est qu’ils n’ont pas eu de formation artistique. Il ont été beaucoup spoliés, ne connaissent pas le monde de l’art, des galeries, des collectionneurs.

A chaque artiste son histoire particulière, à chaque oeuvre ses secrets de confection, qui touchent et surprennent. Avec passion, Bruno Gérard nous conte des « bouts de vie » de Paul Duhem, qui a commencé à peindre à 70 ans et a pourtant réalisé environ 6 000 tableaux. Cet artiste, né en 1919 et dont le destin a été fortement marqué par la Seconde Guerre mondiale, confectionnait en moyenne 6 tableaux par jour. « Il disait toujours que c’était sa 2e vie », se souvient avec émotion Bruno Gérard.

Au fil de la visite, le passionné emmène le visiteur au plus près de l’intimité de ses protégés. Vous y rencontrez Jacques Trovic, épileptique, qui a commencé à réaliser des tapisseries à l’âge de 7 ans, Martha Grünenwaldt, qu’il imagine « nomade, aller de bal musette en bal musette », ou encore Christelle Hawkaluk, qui rêve d’amour…

Sur-mesure pour les lieux

Le visiteur s’amusera à trouver de multiples références au territoire, dans les œuvres exposées : la brique rouge, l’univers des mines, les fêtes et célébrations traditionnelles… Dans une disposition ouverte et épurée, il flâne entre sculptures, tableaux et grandes tapisseries.

J’ai voulu jouer sur le lieu, immense et haut de plafond. Je voulais que ce soit ouvert, que le public, en entrant dans la pièce, se laisse embrasser par tout », explique Bruno Gérard.

Aidé par les techniciens des lieux (un menuisier a par exemple confectionné des socles sur-mesure pour l’exposition !), Bruno Gérard a réussi à sublimer le travail de ses protégés. Louis Poulain et Louis Van Baelens ont même confectionné des toiles sur-mesure pour l’événement. « Ils se sont inspirés des lieux », insiste Bruno Gérard.

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La vie d’artiste et ses contraintes

Si l’imaginaire (parfois débordant) des artistes est ce que l’on constate au premier regard, leurs conditions de vie difficiles s’y révèlent, en filigrane. Le visiteur découvre des profils marqués par la guerre, par des épreuves de la vie ou par des obsessions.

Les matériaux utilisés sont aussi révélateurs de difficultés financières : Jacques Trovic décousait ses pulls pour avoir assez de fil pour ses tapisseries, Martha Grünenwaldt utilisait le dos d’affiches électorales comme support pour ses dessins, dont elle dessinait les cadres. 

On perçoit, dans des détails, les conditions de vie difficiles de ces artistes, qui créaient avec ce qu’ils avaient sous la main », commente Bruno Gérard, fasciné par les idées de certains.

Dans le bâtiment emblématique de l’Hospice Comtesse sont ainsi dévoilées des œuvres et destinées d’artistes contemporains aux inspirations très variées. Une exposition qui fait écho au « Rêve d’être artiste », présentée jusqu’au 6 janvier au Palais des Beaux-arts de Lille

Petit plus : le livre de l’exposition éclaire le visiteur sur les vies des artistes que connait ou qu’a connu Bruno Gérard. Il y livre des anecdotes touchantes sur des destinées exceptionnelles, toutes marquées par la passion, et souvent par des épreuves dramatiques.

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Infos pratiques :
« Itinéraires singuliers », jusqu’au dimanche 19 janvier 2020 à l’Hospice Comtesse, 32, rue de la Monnaie à Lille.
Ouvert le lundi de 14 h à 18 h et du mercredi au dimanche de 10 h à 18 h. Fermé le lundi matin, le mardi toute la journée et certains jours fériés. Tarif : 5€ / 4€ / gratuit pour les moins de 12 ans et pour les détenteurs de la C’Art.
Infos au : 03 28 36 84 00 ou sur le site officiel de la Ville de Lille.



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